Un peu d’histoire avec Brolliet

Quand Champel faisait des bulles...

Champel est un quartier résidentiel où il fait bon vivre. Déambulez dans ses rues et vous serez surpris par son calme et ses parcs arborés à seulement quelques pas du centre-ville de Genève.

Familles et anciens se croisent dans les allées des immeubles. En cette période de vacances, les jeunes iront rejoindre les stations de ski alors que les plus âgés se ressourceront dans des stations thermales valaisannes, nostalgiques peut-être, pour ceux qui se rappellent encore, du temps où leur quartier était plus connu sous le nom de « Champel-les-Bains ».

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous sommes au milieu du XIXe siècle. Les grandes familles genevoises ont « campagne » à Champel dans leurs splendides  propriétés. Sur l’initiative de David Moriaud (1833-1898), un avocat et promoteur immobilier genevois, le quartier va connaître une parenthèse aquatique peu connue de son histoire. En 1873, le promoteur acquiert le Domaine Beau-Séjour, une parcelle de deux hectares sur laquelle il décide de créer un lieu de cure, surfant sur la vague du thermalisme très à la mode à l’époque. Il fonde ainsi la Société Hydrothérapique de Champel-sur-Arve en 1874.

Les bains sont installés au pied de la falaise dans une bâtisse qui jonche les eaux limoneuses de l’Arve. Même si Carouge craint d’être à sec, une concession est accordée par l’Etat pour puiser les 1’200 litres d’eau par seconde nécessaire au bon fonctionnement des douches, fumigations et autres bains.


A coup de réclames, on attire une riche clientèle de malades et convalescents du monde entier. Ils séjournent dans les 200 chambres de l’Hôtel Beau-Séjour, ancienne maison de maître puis pensionnat, et soignent leurs maladies digestives, nerveuses, vénériennes ou encore, leur mélancolie.Les célébrités y sont des pensionnaires réguliers. Guy de Maupassant, alors en cure à Divonne, décide de séjourner dans l’« établissement rival » pour profiter du « large et beau vallon bien abrité en des collines boisées ».

La promenade dans le parc est recommandée aux patients. Les curistes peuvent s’arrêter dans le salon de thé installé dans la tour de Champel et profiter de la vue sur le Salève. Erigée en 1878 et d’inspiration néo-gothique, cette tour n’a donc rien de médiéval. Sauf ses pierres empruntées à un édifice moyenâgeux abattu à l’époque dans les rues basses.

Malheureusement, les bains de Champel n’ont pas résisté à l’urbanisme croissant et aux guerres qui ralentirent les visites. Au mois de décembre 1940, l’hôtel fut même bombardé par erreur par l’aviation britannique. Il sera rasé en 1957 puis remplacé par l’hôpital Beau-Séjour. Il ne reste plus rien non plus du centre hydrothérapique situé au bas de la falaise. D’abord transformé en logement pour infirmières, un immeuble contemporain a pris aujourd’hui sa place (Avenue de la roseraie 30-38).  

 

 

  

Encore sur pied, mais inaccessible, la tour de Champel fait partie des vestiges de cette ère thermale, tout comme les villas qui abritent des cabinets médicaux et la pension de la Roseraie qui accueillait autrefois les curistes moins fortunés. Le château Ashbourne (ou Villa Rhéa), bâti en 1880 à la gloire de Moriaud siège lui aussi encore en haut de la colline (Avenue Beau-Séjour 20).

Evidemment, Champel a conservé ses vertus thérapeutiques grâce aux nombreuses cliniques privées et établissements hospitaliers qui s’y sont installés. Mais au souvenir d’une époque à laquelle Champel faisait encore des bulles, nous on dit : « Santé » ! 

Plongez dans l'histoire de Champel-les-Bains...